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[Akaito - 赤糸] Chapitre 5



Akaito - 赤糸
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Chapitre 5



Valentine regardait la route. Enfin, on ne pouvait pas réellement parler de « regarder » : à ce stade là, il s’agissait plutôt d’avoir les yeux tournés vers la route, tant la jeune fille paraissait sonnée. Tout son corps était comme engourdi, elle semblait littéralement pétrifiée, et même sa voix s’était figée quelque part dans sa gorge, lui empêchant d’émettre le moindre souffle.

- Ouf, je crois que maintenant on les a assez bien semés ! fit en voix enjouée.

Valentine tourna lentement la tête. A sa gauche, elle distingua une présence… Présence qui, soudainement, augmenta son rythme cardiaque, peignant ainsi ses joues d’un rouge vif et accentuant son air stupéfait.

- Hey, pas besoin de faire cette tête, dit Kame avec un sourire plus que craquant. On dirait que le ciel t’es tombé dessus !

Mais le ciel, justement, lui était tombé dessus. Valentine frissonna tandis que son esprit s’efforçait da faire la part entre ce qui relevait de son imagination la plus poussée et ce qui s’était réellement passé. Des mots isolés s’inscrivaient peu à peu dans sa tête : Shibuya + KAT-TUN + Kame + taxi + fuite. Lentement, tout cela prenait un sens, elle était là, dans un taxi, tout près de Kamenashi Kazuya. Enfin, au contraire, tout cela sortait du sens. « C’est trop bizarre » s’inquiéta Valentine. « C’est n’importe quoi cette histoire, Kame ne ferait jamais un truc pareil ! ». Tout ça était beaucoup trop iréel…

C’est au moment où Kame posa sa main sur celle de Valentine que la jeune fille crut défaillir. Son cœur s’emballa, sa main se mit à trembler… Et elle ressentit à nouveau son corps se couvrir de frissons, puis se glacer. Les mêmes bouffées de chaleur, la même douleur insupportable à la tête… elle sombrait…

- Val-chan ? Val-chan ! Bon sang elle nous refait le même truc que le jour du karaoké !

Valentine sentit soudain qu’elle manquait d’air. Elle inspira avec peine toute l’oxygène qu’elle pouvait, puis porta la main à son cœur, battant toujours à 2000 à l’heure. Suzu s’était garée en double file pour permettre à sa colocataire de récupérer.

- Hey, ça va ? demanda Hikaru en se penchant sur le siège passager. T’as fait un mauvais rêve ?

Un mauvais rêve… « C’était vraiment un rêve, alors ? » se dit Valentine, mi déçue mi soulagée.

- Et ben dis donc… continua Hikaru. L’air de Tokyo te réussi pas trop, on dirait…
- Bon, dans ce cas je vous propose un truc, dit Suzu. On a encore un peu de temps avant que les cours commencent, alors qu’est-ce vous diriez d’aller passer une semaine à Okinawa ?
- Okinawa ?
- Oui, mes parents ont une villa en bord de mer, je pense que ça te ferait du bien avant d’attaquer réellement le boulot. Tu doit être pas mal dépaysée, je crois que ça expliquerai tout. Bon alors, ça vous dit ?
- OUIIIIIII !!!! exultèrent Hikaru et Tomoko.
- C’est vrai que c’est une bonne idée, fit Valentine avec un sourire rayonnant.
- Alors c’est décidé, on va prévenir les autres et on part demain ! Au fait je vous préviens, Hikaru et Tomoko, je ne veux SOUS AUCUN PRETEXTE que vous me rameniez des mecs, c’est comprit ?

Les deux concernées baissèrent les yeux, telles deus petites filles confuses.

- Ça va, on squattera à leur hôtel…
- C’est déjà ça… marmonna Suzu.

Cependant, lorsque les quatre filles sortirent de la voiture, Hikaru passa un bras sous celui de Valentine en prenant bien garde à échapper au regard de Suzu.

- T’inquiètes, chuchota-t-elle avec un air gourmand, dès que Suzu et Taro seront seuls, ils ne feront plus attention à nous. Du coup, on pourra sortir pour se chercher quelque chose à se mettre sous la dent !

Valentine sourit. Décidément, les japonaises étaient plus délurées qu’elle ne le pensait. En fait, elle aurait bien voulut avoir elle aussi un japonais, mais à long terme… De toute façon, rien ne garantissait qu’elle ne trouverait as un gentil tokyoïte comme par hasard en séjour à Okinawa, n’est-ce pas ? Et puis, ça lui changerait un peu les idées, avec ce satané Kame qui hantait ses pensées sans aucune raison. Histoire d’arrêter de se croire dans un drama…

¤ ¤ ¤


- Attends, la porte d’enregistrement c’est où ?
- Mais tu voit bien que c’est là ! C’est marqué !
- Mais non avant j’ai vu que c’était de ce côté !
- C’est vous qui savez pas lire ! Que ce soit en kanji ou en anglais, vous avez pas encore comprit que c’était par là ?
- Toi on t’as rien demandé !
- Mais l’avion va partir !

Taro, Suzu, Akira, Tomoko et Hikaru se disputaient pour essayer de trouver où diable se trouvait ce fameux hall 4. Valentine soupira, amusée.

- C’est pas ici ? fit-elle en montrant le panneau en face d’eux.
- Ah oui… répondirent-ils en chœur.
- C’est une catastrophe !

Les sept jeunes se retournèrent. Un jeune homme en uniforme d’à peu près 25 ans se faisait sermonner parce ce qui semblait être un pilote de ligne.

- Kurosawa, vous venez à peine d’être promu, et vous vous débrouillez de tout faire foirer ! hurlait le commandant en gesticulant et postillonant. Mais c’est pas vrai ! Vous pensez que Japan Airlines acceptera un vol avec seulement 3 hôtesses de l’air, dont vous ? ! Et maintenant, il n’y a plus une seule hôtesse de libre ! Vous pouvez le dire à quoi vous pensiez, Kurosawa ? Hein, vous pouvez me le dire ? Nous n’avons plus qu’à annuler le vol pour Okinawa ! Espèce d’incompétent !

L’homme tourna les talons, toujours fulminant, puis s’apprêtait à rejoindre l’équipage lorsque ses yeux se posèrent sur Valentine et les trois japonaises, qui le fixait d’un air inquiet devant la porte d’enregistrement du vol pour Okinawa. Le regard du commandant s’illumina alors. Quatre filles, ça serait trop, mais trois suffirait amplement… En plus elles étaient jolies, et il y avait même un étrangère dans le lot, ça serait parfait…

- Mesdemoiselles, fit-il en se courbant jusqu’à toucher terre, je me présente, je suis le commandant Saruwatari Akihiko. Mon employé Kurosawa-kun ici présent a commis une grave erreur pouvant entraîner l’annulation de votre vol pour Okinawa. Si vous aviez l’extrême amabilité de nous aider nous vous serions extrêmement reconnaissants ! D’autre part, votre vol pourrait être assuré sans encombres !

Valentine comprit instantanément en voyant le sourire commercial du commandant.

- Ça serait pour quoi ? demanda Tomoko.
- Et bien il vous serait proposé de remplir la fonction d’hôtesses de l’air pendant ce vol uniquement. Ne vous en faite pas pour les consignes de sécurité, les trois autres hôtesses et stewards se chargeront de vous briefer. Cependant, nous n’aurions besoin que de trois d’entre vous, si cela vous semble possible…

Hikaru et Tomoko sautillaient déjà de joie. Valentine sourit en pensant qu’elles devaient s’imaginer pouvoir « partir à la chasse » dans leur uniforme de rêve.

- C’est bon, moi je reste, fit Suzu en s’agrippant à Taro. Valentine, Hikariko et Tomoko vous ferons un plaisir de vous suivre, j’en suis certaine…
- Oh c’est vrai ? s’étonna le commandant. Pardon, vous le feriez vraiment ?
- Moi je suis d’accord, dit Valentine, ça pourrait être une bonne expérience…
- Nous aussiiiii ! s’écrièrent Hikaru et Tomoko.
- Merci infiniment ! dit le commandant en se courbant encore plus que la première fois. Dans ce cas, veuillez suivre Kurosawa-kun, il va vous donner vos uniforme et vous présenter aux autres hôtesses.

Les jeunes filles suivirent le steward en question, qui s’excusa mainte fois de son incompétence, et ce bien qu’elles le rassurèrent que ça leur faisait plaisir. Kurosawa Satoshi, steward prodige de 23 ans, venait d'être promu chef de cabine, mais la pression ambiante avait sans doute beaucoup joué dans cet incident. Il était plutôt mignon, avec son air désolé. Et célibataire, de surcroît. Tomoko avait d'ailleurs l'air particulièrement ravie d'être en compagnie d'un steward si craquant...

Arrivées dans une pièce réservée à l’équipage, elles revêtirent leurs uniformes bleu et blanc qui avaient l’avantage de leur donner un air particulièrement classe. Valentine, du haut de ses nouvelles chaussures à talons, se sentait comme une femme d’affaire importante. Elle faisait un peu plus âgée dans cet accoutrement, l’uniforme et la coiffure lui allaient bien. Pour ce qui est de Hikaru et Tomoko, elles jubilaient carrément. Pour elles, hôtesse de l’air = sexy à mort. « Il faut dire qua sa me change » pensa Valentine, pour une fois satisfaite de son reflet dans le grand miroir. « Ça risque d’être plutôt marrant ! ».
Elles furent alors présentées aus deux autres hôtesses : Hamako et Manami. La première était une mère de famille respectable - mariée à un politicien dont elle avait 2 enfants - en plus d'être une femme avenante et enjouée. Elle avait 43 ans, mais aussi de longues jambes et un sourire rayonnant qui lui volaient 10 ans. Elle était la prototype de ce qu'une japonaise aspire à être : elle était riche et belle comme un mannequin. En deux mots, sa vie était une véritable réussite, autant professionnelle que personnelle. Pourtant, Valentine avait bien sentit qu'il lui manquait quelque chose, à cette femme un peu trop parfaite... Manami se présenta ensuite d'un petite voix timide. A 32 ans, elle semblait relativement mal dans sa peau, loin de l'assurance maîtrisée de sa collègue. Elle était plutôt petite, avait un visage banal et, comble du déshonneur, était encore célibataire à son âge. Mais ce que Valentine percut chez Manami la toucha beaucoup plus que l'outrageuse perfection de Hamako : Manami avait du charme, et un charme naturel, ce que l'autre était loin d'avoir acquis;

Hikaru et Tomoko étaient chargées d’accueillir les passagers, superbe occasion de repérer leurs proies, tandis que Valentine s’occupait des cabines avec Hamako et Manami. Elle commençait à mémoriser où se trouvaient tous les aliments, tous les ustensiles et autres accessoires de confort, et ce rôle d’hôtesse de l’air commençait à lui plaire de plus en plus. Son voyage n’était décidément pas de tout repos…


¤ ¤ ¤


- Hikaru, regarde ! chuchota Tomoko.

Hikaru regarda. Et ce qu’elle vit la mis dans un état d’hystérie dont elle seule avait le secret.

- C’est pas vrai, ce sont eux !!! répondit-elle en essayant de ne pas parler trop fort. Ce sont vraiment eux !!!
- Mais ouiiiiiiii !!!
- Attend cache toi !

Les deux filles se dissimulèrent derrière la porte de l’avion au moment où six garçons passèrent.

- Y a personne pour nous accueillir ? demanda Junno, déçu. Pas drôôôôôle !!!!
- Tu as entendu aussi bien que moi qu’ils avaient eu des problèmes d’effectifs, répondit Nakamaru d’un ton visiblement agacé. Alors c’est normal que pour une fois on se débrouille tous seuls ! T’es plus un gosse, enfin !
- Yuichi, calme-toi, intervint Ueda. Tu connais Junno… Et puis on va à Okinawa en partie pour se détendre, non ? Alors je voudrais le moins d’histoires possibles, les gars, parce que figurez-vous que ça retombe toujours sur le plus âgée, c’est-à-dire moi…
- Tu parles il veut juste se faire bien voir de Johnny, souffla Jin à Kame d’un air moqueur.
- Hein ? Vas-y répète ! reprit Ueda en frappant gentiment Jin.

Et ils s’éloignèrent, toujours en se chamaillant comme des gamins. Au même moment, Hikaru et Tomoko, qui avait tout vu et tout entendu se jetèrent un regard conspiratif.

- Tu penses la même choses que moi, Tomoko?
- Toujours Hikaru…
- Ce séjour promet d’être très intéressant ! firent-elles en chœur, les yeux brillants.




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