Akaito - 赤糸
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Chapitre 4
Kame se réveilla en sursaut. Il regarda son réveil : 7h06. Il était encore tôt, mais son horloge interne avait certainement du lui rappeler ce qu’il avait à faire, aujourd’hui. Il sourit en voyant le ciel d’un bleu éclatant et le soleil qui répandait sa lumière orangée, signe que lui aussi, venait de se lever. Cette journée lui serait sûrement bénéfique… Kame se dirigea vers son armoire, pris ses vêtements les plus simples pour ne pas trop se faire remarquer, puis alla se passer sous une douche. L’eau froide achevant de lui éclaircir les idées, il avait à présent toute l’énergie nécessaire pour atteindre son but.
Il sortit dans la rue, frissonna à cause du froid, puis pressa le pas jusqu’au train. Les 15 minutes que durèrent le trajet lui parurent une éternité… Lorsque enfin, on annonça l’arrêt « Shin-Bashi », son cœur se mit à battre plus vite qu’avant. Il descendit, puis suivit les lignes qu’il avaient tracées sur son plan. Bientôt, il s’arrêta devant le bâtiment qu’il cherchait. Devant lui, se dressait une construction portant le nom de Kishida Group.
- Yosha ! fit-il en serrant le papier dans sa main, comme pour se donner du courage.
Mais, au moment où il s’apprêtait à entrer dans le hall, quelque chose l’arrêta. Il resta figé les yeux dans le vague. Il fit demi-tour, puis s’assis au banc le plus proche en se prenant la tête dans les mains.
- Mais à qui je vais parler, au fait ? murmura-t-il. Je vais pas m’introduire comme ça dans le bâtiment, en disant que je veux voir le PDG pour lui demander le numéro de téléphone de sa fille, qui elle-même était avec une de ses copines au karaoké, copine qui m’a tapé dans l’œil, et que c’est pour ça que je viens le déranger en plein boulot…
En prononçant cela, Kame se rendit compte de l’absurdité de ce qu’il avait imaginé faire. Et il resta ainsi, à réfléchir sur ce banc, à peu près une heure durant. Soudain, quelque chose vibra dans sa poche, le faisant redescendre sur terre.
- Mouais… ? répondit-il d’un air nonchalant.
- Mais enfin t’as zappé la répèt’ ? fit la voix d’Ueda.
- Hein ?
- Mais c’est quoi ce bruit ? T’es dehors ? Tu crois que t’es en congé ? T’avais juste un jour de repos c’est tout ! Là on va commencer à répéter, alors bouge toi de te ramener au studio !
- Humpf…
- Quoi « Humpf » ? Me fait pas ça c’est moi qui prend tout à ta place, là, Johnny te veux ici le plus tôt possible.
- Oui bon ça va, pas besoin de t’én…
Il y eu un blanc. Kame resta la bouche ouverte, la main en l’air et les yeux illuminés par une soudaine découverte.
- Tatsu ?
- Quoi ?
- Dis à Johnny que j’ai trouvé un super truc pour nous…
- Un super truc ? Mais enfin… de quoi tu parles ?
- Dis-lui, c’est tout.
Et il raccrocha. Kame se leva, et couru vers le métro le plus proche. Il savait. A présent, il était persuadé d’avoir trouvé ce qu’il lui fallait. Et il savait comment l’obtenir…
¤ ¤ ¤
- Bon aujourd’hui on va te faire voir Shibuya, ça te dit ? Et puis après on peut organiser un espèce de « Tokyo Tour », on va te montrer un peu de tout !
Valentine regarda Suzu comme si elle était le messie. Un « Tokyo Tour » ! Elle voulait tout découvrir ! Tout les recoins de cette ville au pouvoir étrange, à l’atmosphère coloré et aux parfums de mille saisons, elles voulait les connaître, y prendre ses marques.
- Oui non parce que Shibuya…
Suzu fit un signe de la tête en direction des deux silhouettes trépidantes à côté de Valentine.
- Y A LES FRIIIIIIINGUES !!!!
Hikaru et Tomoko avaient poussé un cri strident à l’unisson, sautillant mains dans les mains et les yeux en étoiles. Ces deux-là étaient folles de le mode, et étaient toujours partant pour une excursion à la recherche de la nouvelle perle rare japonaise ou étrangère.
- Bon arrêtez de vous extasier sur ce que vous allez ou pas acheter, et prenez vos affaires pour qu’on s’en aille ! rectifiqua Suzu.
- Oui et des bottes noires…
- Et puis un nouveau jean…
- Et puis une nouvelle robe…
- Et puis un nouveau sac…
- Et puis un claque, peut-être ?
- Kyaaaa !!! On y va !
Le rêve d’Hikaru et Tomoko se déroulant à présent uniquement dans leur esprit, les quatres filles purent s’en aller.
- Des fois j’ai l’impression d’être leur mère, confia Suzu à Valentine alors qu’elle conduisait jusqu’à Shibuya.
- Je vois ça ! rit l’autre.
- Dis, il y a quelque chose de spécial que tu voudrais voir à Shibuya ?
- Des CDs ! Je veux repartir avec plein de CDs introuvables en France ou sur le net !
- Très bien on va te voir ça tout de suite… Y en a deux qui vont faire la tête derrière, mais on s’en fiche !
Peu de temps après, elles arrivèrent devant un endroit qui avait l’air d’être une immense lieu commerçant, avec à peu près tout ce que l’on pourrait souhaiter : des salons, des bijouteries, des magasins de bonbons de toutes les couleurs, des disquaires de toute sortes, des magasins de vêtements pour tous le styles, et des millions d’autres choses… Et bien sûr des écrans géants et autres publicités s’élevant de au-dessus de la population comme s’ils faisaient partie de la ville elle-même. Valentine en resta blanche.
- Woooow c’est… impressionnant…
- Bienvenue à Shibyua, le coeur du Tokyo de la jeune génération ! dit Suzu d’un air solennel. Et dis-toi que c’est encore plus spectaculaire la nuit… N’est-ce pas, Hikaru, Tomoko ?
Valentine se tourna, mais ne vit aucun signe des deux japonaises.
- Hikaru ? Tomoko ? interrogea Suzu. C’est pas vrai on les a perdues ! Elles sont déjà parties faire les boutiques…
- C’est pas plus mal, rétorqua l’autre, au moins elles pourront aller à deux cents à l’heure pour voir leurs magasins, et nous on peut prendre plus de temps pour voir les choses, qu’est-ce que tu en penses ?
- Oui tu as raison… On les retrouvera plus tard, elles ont leurs portables et on a les nôtres de toute façon.
Sur ces bonnes paroles, elles s’en allèrent éplucher les magasins. Elles firent à peu près un minuscule échantillon de ce que l’on peut trouver à Tokyo, mais cela contentait Valentine bien plus qu’il n’en faut. Elle avait trouvé des CDs de L’arc~en~ciel, de miyavi et d’autres artistes qu’elle aimait, et s’en était reparties avec un superbe album photo de Hyde qu’elle pourrait admirer autant qu’elle le désirait. Elle était aux anges ! Puis, alors qu’elles s’apprêtaient à entamer une nouvelle course quand le portable de Suzu retentit dans la boutique où les deux filles se trouvaient.
- Allô ?
- Allô Suzu ? C’est Hikaru. Tomoko et moi on est à la place Hachiko, et là tu vois y a un truc que Valentine et toi devraient voir je pense…Par ce que tu vois…
Il y eu un moment où Valentine resta seule à contempler l’intérieur du magasin, attendant la fin de la conversation d’Hikaru et Suzu. Visiblement, c’était important, car seule Hikaru parlait, et Suzu affichait un visage sérieux, avec cependant une lueur indescriptible dans le regard. Valentine s’inquiétait un peu… Etait-il arrivé quelque chose de grave ?
- Ok, ok, on arrive ! Bon on bouge d’ici, je t’emmène autre part, fit soudainement Suzu.
- On va où ? demanda-t-elle.
La japonaise esquissa un sourire.
- Tu verras !
¤ ¤ ¤
Arrivées à l’endroit où Hikaru, Tomoko et Suzu s’étaient visiblement données rendez-vous, Valentine commença à se sentir anxieuse. Elle regarda autour d’elle d’un air un peu effrayé : elle voyait certaines personnes qui courait, d’autres qui parlaient très vite avec un regard brillant. Elle ne comprenait pas tout se qui se disait, ce qui la plongeait dans un état d’ignorance qu’elle détestait. A ce moment, Suzu la tira par la manche et l’entraîna dans la même direction que la foule. Peu à peu, Valentine semblait distinguer le son d’une musique… Ce son s’amplifiait au fur et à mesure que les quatre filles avançaient et, bientôt, la jeune française commença à comprendre ce qui se passait : un centre de la place du chien Hachiko, se déroulait un concert des KAT-TUN.
Valentine sentit comme un électrochoc. De loin, elle avait aperçu Kame, et c’était tout ce qui lui importait. Une nouvelle fois, le monde autour d’elle avait disparu… Elle essaya de s’approcher de la scène malgré la foule d’adolescentes en furie qui hurlaient à s’en casser la voix. Kame était là, plus charmeur que jamais, avec son expression à la fois concentrée et amusée. Puis, soudainement, le corps de la jeune fille fut parcouru de frissons qui la glacèrent littéralement sur place…
Kame avait levé la tête, Kame l’avait vue… et Kame s’était figé. Il ne dansait plus, ne chantait plus, il fixait simplement Valentine d’un air pénétrant. Les cinq autres garçons semblaient embêtés, mais Kame s’en fichait…et il sourit. Ce sourire qui égayait sa petit frimousse et que Valentine aimait tant, ce sourire qu’elle avait tant des fois admiré devant son écran et qui maintenant semblait s’adressait à elle… C’était à présent une chaleur intense qui l’avait envahie, et un seule chose l’obsédait : Kame. Soudain, le jeune artiste s’avança au devant de la scène, puis sauta à terre. La musique s’arrêta tandis qu’il tentait de se frayer un chemin à travers la foule qui l’oppressait de plus en plus. Tout le staff se lança à sa poursuite, mais il continuait… il voulait atteindre son but, à tout prix. C’était la seule idée qui subsistait dans son esprit… Avec peine, il atteignit Valentine, toujours pétrifiée.
- Tu es là… souffla-t-il avec un sourire. C’est pas trop tôt…
Il prit alors la jeune fille par la manche et l’entraîna de force hors du public. Les fans hurlaient, essayaient d’ensevelir Kame sous leurs cris, mais il tenait bon, et il réussit enfin à se sortir de ce troupeau, une Valentine stupéfaite à la main. La lâchant quelques secondes, il se jeta devant un taxi pour l’arrêter, puis poussa Valentine à l’intérieur du véhicule, s’engouffrant à sa suite.
Cinq secondes plus tard, sous des regards ahuris, le taxi démarra...